Louis Malachier - Meunier sculpteur de Lacoste

Â

I- BIOGRAPHIE DE LOUIS MALACHIER

1788 Le 26 août, bénédiction nuptiale en l’église de Lacoste, entre Boniface MALACHIER, fils de feu Jacques et de survivante Anne INGUIMBERT, de Ménerbes, et Gabrielle APPY, fille de Michel et Laurence CAUSAN, également de Ménerbes.

1801 Naissance de MICHEL MALACHIER, le dix- neuvième jour du mois de floréal, l’n neuvième de la République Française ( le 9 mai 1801 ) à Lacoste, fils légitime de Boniface MALACHIER, cultivateur, et de Gabrielle APPY.

1836 Au dénombrement de population du 20 juin 1836 de la commune de  Ménerbes, Louis Joseph MALACHIER est recensé sous le n° 1904 du registre, avec la mention d’âge « 14 ans », dans le foyer comprenant son grand-oncle LOUIS JOSEPH MALACHIER, sa femme Geneviève Guendon, ses parents, ses frères Victor, Grégoire, Henry et sa sœur Marie.

1803 Naissance de JEANNE MARGUERITE GREGOIRE, le quatrième  jour du mois de prairial, l’an onze de la République Française  (le 24 mai 1803) à Ménerbes, fille légitime de Louis Joseph GREGOIRE et de Rose PITOT.

1820 Le 9 février, célébration à la Mairie de Ménerbes du mariage entre  MICHEL MALACHIER et JEANNE MARGUERITE GREGOIRE.

1823 Naissance de Joseph MALACHIER, le 9 février à 10 heures du matin, à Ménerbes, déclaration faite le même jour en mairie à quatre heures du soir, par MICHEL MALACHIER, en présence son oncle paternel  LOUIS JOSEPH MALACHIER, âgé de 60 ans, cultivateur. Dans l’intervalle, le nouveau-né, fils de MICHEL MALACHIER et de MARGUERITE GREGOIRE, son épouse, a été baptisé sous le prénom de Joseph  (inscription 8/1823 du registre des baptêmes de Ménerbes ).

1832 Naissance de MARGUERITE BERNARD, le 23 mars 1832 à Goult, fille légitime de François Louis Adrien BERNARD, agé de 39 ans, cultivateur, et de Françoise PELISSIER, son épouse,  âgée de 41 ans, domiciliés à Goult, quartier du Val de la Combe. Ils ont déjà eu un fils, Crispin, Joseph, né le 25 octobre 1828.
Le 25 mars, baptême de BLANDINE MARGUERITE BERNARD à Goult.

 1837 Le 1er août, décés de LOUIS JOSEPH MALACHIER, âgé de septante six ans (oncle de MICHEL MALACHIER), époux de Geneviève Guendon, en la grange d’habitation sise à Ménerbes, dite Garouyère.

1844 Le 4 mars, décès de Geneviève Guendon, âgée de quatre vingt deux ans, veuve de LOUIS JOSEPH MALACHIER, à Ménerbes, en la grange de son neveu, où elle habite.

1845 Le 26 mars, décès, à  Goult, de François Louis Adrien BERNARD, agéde 52 ans, né à Goult, y domicilié, Rue de la Fontaine, cultivateur, fils de défunts François BERNARD, cardeur à laine, et de Anne REYNIER, époux de Françoise PELISSIER, sans profession.

1850 Le 13 avril, décès, à Goult, de Françoise PELISSIER, agée de 59 ans, née à Goult, fille de feu Honoré PELISSIER et de feue Marie Anne BERNARD, veuve de François Louis Adrien BERNARD.
Les 19 et 26 mai, première
et seconde annonce en mairie de Ménerbes de la promesse de mariage entre :
Joseph MALACHIER, meunier, âgé de 27 ans, né et domicilié à Ménerbes,
et MARGUERITE BERNARD, sans profession, âgée de 18 ans, née et domiciliée à Goult, fille mineure et légitime du défunt François Louis Adrien BERNARD, et de défunte Françoise PELISSIER, mariés en leur vivant, cardeur de laine, domiciliés à Goult, Rue de la Fontaine.
Les 19 mai et 26 mai, même annonces faites en mairie de Goult, précisant que MARGUERITE BERNARD est domiciliée à Goult avec son tuteur CASIMIR BERNARD.
le 25 mai 1850, un contrat de mariage sous le régime dotal est passé devant Me Moulin, notaire à Gordes, entre
MALACHIER Louis, ouvrier meunier, demeurant à Ménerbes, fils majeur de MICHEL MALACHIER et MARGUERITE GREGOIRE, cultivateurs à Ménerbes, et
Demoiselle BERNARD MARGUERITE BLANDINE, fille mineure des défunts François Louis Adrien BERNARD et de Françoise PELISSIER, sans profession demeurant à Goult.
la future se constitue tous ses biens, desquels fait partie une valeur mobilière de 140 francs, dépendant de la succession de Françoise PELISSIER, suivant inventaire Me  Moulin le 18 avril 1850.
Le père du futur fait donation audit futur époux son fils qui accepte en avancement d’hoirie, de 17 ares 62 centiares, à prendre dans une plus grande pièce de terre au territoire de Ménerbes, quartier de Vaumarnièe, d’un revenu annuel de 25 francs.
Le 29 mai, en la Mairie de Goult célébration du mariage
entre Joseph MALACHIER, âgé de 27 ans révolus, né à Ménerbes le 9 février 1823, y domicilié, fils de MICHEL MALACHIER et de MARGUERITE GREGOIRE, et MARGUERITE BERNARD, âgée de 18 ans révolus, née à Goult le 23 mars 1832, sans profession, domiciliée à Goult chez son tuteur Casimir BERNARD, fille mineure de feu François Louis Adrien BERNARD, en son vivant cultivateur, domicilié à Goult, décédé le 26 mars 1845, et de Françoise PELISSIER, en son vivant sans profession, décédée le 13 avril 1850.
(Les ascendants étant décédés et la future épouse étant mineure, le conseil de famille dûment convoqué s’est réuni le 13 avril 1850, sous la présidence de Monsieur le Juge de paix du canton de Gordes, pour désigner CASIMIR BERNARD comme tuteur, puis le 20 mai suivant, le conseil de famille, par la délibération dudit jour, a déclaré à l’unanimité donner son consentement, « considérant que l’établissement par mariage que ladite mineure MARGUERITE BERNARD se propose de prendre avec ledit Joseph MALACHIER est avantageux pour elle »).
A la même date, bénédiction nuptiale à Goult.

1852 Le 7 juin, naissance de Benony MALACHIER, fils de Louis Joseph MALACHIER, cultivateur, âgé de vingt neuf ans, et de Marguerite BERNARD, son épouse, sans profession, âgée de vingt ans, en la grange d’habitation dite Garouyère, à Ménerbes.
Le 8 juin, a été baptisé Benoit Malachier, fils légitime de Joseph Louis MALACHIER et de Marguerite Blandine BERNARD, mariés; le parrain a été Célestin Malachier et la marraine MARGUERITE JEANNE GREGOIRE (inscription 24/1852 du registre des baptêmes de Ménerbes, par M. le Curé Pellenc).
Le 12 juillet, Benony MALACHIER, enfant âgé d’un mois, est décédé en la grange de ses dits père et mère, sise au quartier de Vaumarnière. Par la suite, le couple n’aura pas d’autre enfant.

1854 Le 26 décembre, les époux MALACHIER-BERNARD se rendent adjudicataires suivant procès-verbal de vente d’une partie des biens des mineurs de feu Firmin Béridot, en son vivant demeurant à Gordes, devant Me Maillet, notaire à Gordes, d’un moulin à vent, à moudre le blé, avec tous ses agrès, meubles blutoirs et ustensiles en dépendant, ensemble, un bâtiment et dépendances avec environ 50 ares de terres labourables, hermes et vergers, situé le tout à Gordes, quartier de La Rouguière, et cadastré section L n° 465. Ils en ont payé le prix par acte de quittance des 30 et 16 janvier 1855, notaire Me Maillet à Gordes, des 12 et 14 janvier 1862, notaire Me Boyers à Gordes.

1856 Le 10 juin, « MARACHIER » Louis Joseph, meunier, 34 ans, et sa femme, BERNARD Marguerite, 24 ans, sont recensés à  Gordes, Rue du Moulin à vent. Ils figurent également dans le recensement de Gordes du 27 mai 1861.

1866 Le 1er juin, recensement de Lacoste : Quartier des Peyrières, maison n° 1, ménage n° 1, individus1 et 2, MALACHIER Louis, meunier, 44 ans, et BERNARD Marguerite, sa femme, 35 ans.

1868Â Le 19 janvier, échange, par-devant Me Emile Donnier, notaire à  Gordes, entre :
Louis MALACHIER, meunier, delui dûment assistée  et autorisée Dame MARGUERITE BLANDINE BERNARD, sans profession, domiciliés et demeurant à Lacoste.
Et Jean Joseph GRAILLE, fils d’éElzéar, meunier domicilié et demeurant à Gordes.
Les époux MALACHIER- BERNARD cèdent leur moulin sis à Gordes, quartier de la Rouguière, et reçoivent en contre-échange :
Un moulin à farine et une maison d’habitation, sur le territoire de la commune de Lacoste.

1877 Le 9 mars, vente, par-devant Me Justin Grangier, notaire à Ménerbes, par Louis MALACHIER, meunier, domicilié et demeurant à Lacoste, quartier des Peyrières, à Charles MARIN, propriétaire agriculteur à Ménerbes,
d’une parcelle de terre à Ménerbes, celle-là  même que son père lui avait donnée lors de son contrat de mariage. Le même jour, MICHEL MALACHIER vend également à Charles MARIN une autre partie de la parcelle de terre qu’il avait conservée, le tout donnant lieu à un bornage détaillé.
Le 2 octobre, à Lacoste, le peintre de Carpentras, Jules LAURENS, dessine deux statues «grandeur naturelle », représentant le peintre Jules LAURENS et l’architecte FORMIGE.

1878Â Le 1er octobre, à Lacoste, Jules LAURENS dessine le meunier dans l’escalier de son moulin. Il fait deux portraits de lui, réalise des croquis du moulin et des carrières, et d’un grand nombre de sculptures, sans que l’on puisse plus exactement dater chaque dessin, et dresse un catalogue sommaire d’environ 200 œuvres.

1879 Le 8 avril, décès, dans son domicile, quartier des Hauts Eyrals, à Ménerbes, et inhumation dans la même commune, de MICHEL MALACHIER, époux de JEANNE MARGUERITE GREGOIRE. Il laisse 7 enfants :
Louis MALACHIER
Grégoire MALACHIER
Henri MALACHIER
Marie MALACHIER épouse Bezert Auguste
Célestin MALACHIER
Mélanie MALACHIER épouse de Jh Bompuis.
Adeline MALACHIER

1880 Le félibre Emmanuel DUCROS publie chez l’éditeur Lemerre le catalogue de l’exposition de La Cigale au cercle des arts libéraux, plaquette dans laquelle figure le poème « Le meunier de Lacoste », avec en regard le portrait à  l’eau-forte de « Malaquier, le meunier-carrier-sculpteur », par Jules LAURENS. Le texte sera repris dans Une cigale au Salon de 1882, Emmanuel DUCROS , chez Baschet, Paris, 1882.

1882 En juin, Jules LAURENS publie en juin un reportage complet sur sa visite au meunier-sculpteur de Lacoste dans  Le Patriote de Vaucluse  et L’Indépendant. Ce texte sera repris et légèrement remanié dans son ouvrage autobiographique, La légende des ateliers, - fragments et notes d’un artiste peintre 1842-1900, publié chez J. Brun à Carpentras en 1901.

1885 Le 25 juillet, MARGUERITE BERNARD dépose chez Me Appy, notaire à Bonnieux, un testament en faveur de son mari Louis MALACHIER, relatif à un bâtiment ayant servi de moulin à vent, sis à Lacoste, quartier des Plaines ou du Château, pour 20 ares environ.

1889 Le 28 février, Jules LAURENS publie dans Le magasin pittoresque un article sur « le meunier-sculpteur », accompagné de son portrait et de la reproduction de cinq de ses œuvres.
Louis  MALACHIER se rend peut-être à Paris, au cours de l’année. En effet, du 6 mai au 31 octobre, a lieu l’Exposition Universelle de Paris, pour célébrer le centenaire de la Révolution Française.
Louis MALACHIER réalisera par la suite au moins une « Tour Eiffel ».

1893 M. BANCAL, inspecteur primaire, publie dans un journal local une série de monographies des communes de l’éarrondissement d’Apt. Ces textes seront repris dans un volume, Apt et ses environs, en 1896 (réédition en 1989). Dans les pages consacrées à Lacoste, parmi les quatre curiosités qu’il recense dans la commune, figure la mention d’un « Musée grotesque ». Il semble difficile de rattacher cette mention à autre chose qu’à l’enclos de notre meunier.
le 25 décembre, décès et inhumation, à Lacoste, de MARGUERITE BERNARD, épouse de Louis MALACHIER, sans ascendants ni descendants.

1894 Le 22 juin, Louis MALACHIER dépose chez Me Edouard Carbonel, notaire à Bonnieux, un testament en faveur de son frère, Henri MALACHIER.

1899 Le 15 novembre, vente, par-devant Me Edouard Carbonel, notaire à Bonnieux, par Louis MALACHIER, propriétaire agriculteur, demeurant et domicilié à Lacoste, quartier du Château, Paul FAUQUE, d’une propriété à Lacoste, cadastrée B 466 partie et 468 partie, consistant en la tour d’un ancien moulin à vent, dont il se réserve la jouissance jusqu’à sa mort, et précisant que l’exploitation du bien par l’cquéreur devra se faire sans que le bâtiment ne coure aucun danger. Louis MALACHIER indique aussi être « veuf non remarié depuis plusieurs années ».

1900 Le 27 mars, décès, à  l’Hospice d’Apt, de  Louis MALACHIER, âgé de 77 ans, veuf de MARGUERITE BERNARD, sans profession.
Déclaration faite par son frère, Henri MALACHIER, agriculteur à Ménerbes, à la Recette de l’Enregistrement de Bonnieux, le 12 septembre 1900, sous le n° 219 du registre.
«Le 27 mars, est décédé à l’âge de 76 ans, et muni des Sacrements, Louis MALACHIER, fils de MICHEL et de MARGUERITE GREGOIRE, veuf de MARGUERITE BERNARD.
Le lendemain son corps a été inhumé dans le cimetière d’Apt selon le rit de la sainte Eglise.» (inscription case n° 60 du registre de la paroisse d’Apt .)
(D’après une tradition locale bien établie, Louis MALACHIER est mort à l’hospice-hopital de Ménerbes. Cela n’est pas incompatible avec les éléments ci-dessus :Il est possible qu’il soit tout d’abord allé se faire soigner à Ménerbes avant d’être par la suite transféré à Apt.)
le 12 avril, décès et inhumation, à Ménerbes, de JEANNE MARGUERITE GREGOIRE, veuve de MICHEL MALACHIER, âgée de 97 ans, sans profession, domiciliée à  Ménerbes.
Elle laisse pour héritiers ses 5 enfants survivants :
Henri MALACHIER
Célestin MALACHIER
Marie MALACHIER épouse Auguste BEZERT
Mélanie MALACHIER veuve LAZARE
Adeline MALACHIER
Tous agriculteurs demeurant à  Ménerbes.

à Yves LE MAHIEU

II- LE PATRIMOINE ET L’HOMME

Le Foyer Rural de Lacoste vient de présenter, dans le cadre des « Journées du Patrimoine 2009 », une exposition consacrée au meunier-sculpteur de Lacoste, Louis Malachier (1823-1900).
Ce personnage a suscité, principalement depuis une quarantaine d’années, un certain nombre de légendes autour de sa vie et de son œuvre, qui ne doivent pas faire oublier, avec le décryptage nécessaire pour replacer l’homme artisan et patron en tant que meunier, artiste en tant que sculpteur  dans le cours du XIXe siècle, que Louis Malachier a vécu toute sa vie sur le territoire d’à  peine deux cantons:
Dans le canton de Bonnieux, à Ménerbes et à Lacoste.
Dans le canton de Gordes, à  Goult et à  Gordes.
Mentionnons également qu’il est décédé et a été inhumé à  Apt.
Il y a donc lieu de s’interroger sur les rapports qu’il entretient avec l’espace géographique de l’arrondissement d’Apt:

Il est originaire d’une famille implantée depuis longtemps dans le terroir de Ménerbes. Sans parler véritablement d’aristocratie terrienne locale, les patronymes que l’on relève dans son ascendance, au moins depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Malachier donc, Inguimbert, Appy et Causan du coté paternel, Grégoire et Pitot du coté maternel, sont ceux d’anciennes familles qui existent encore actuellement.
Des recherches menées à partir du plan dit « napoléonien », établi en 1829, et des matrices cadastrales correspondantes, ont permis de cerner à peu près exactement les lieux de vie du meunier-sculpteur dans cette commune.
(Il faut savoir que le plan napoléonien n’était, par définition, jamais mis à jour, seuls les états de section et les matrices cadastrales étaient annotés des mutations de propriétaires et des changements de consistance des biens. Cette situation aboutira à l’obsolescence complète du document au bout de cinq à six décennies, soit vers la fin du siècle.)
A Ménerbes même, le berceau de la famille Malachier, du-moins celui de la branche qui nous occupe, et son « aire géographique » d’expansion ultérieure reste très limité à l’intérieur du territoire communal, soit sur les sections B et C du plan napoléonien, et encore seulement sur quelques feuilles de chacune de ces deux sections.
La maison, dite « La Galouyère », cadastrée B 178, (feuille n°2 de la section B), en bordure de la route, était l’une des deux propriétés des Malachier, avec celle située plus haut sur une petite colline, cadastrée B 184, fief et lieu d’origine de la famille. Cette dernière, sur le plan cadastral napoléonien, est d’ailleurs dénommée « Malachier ». Notre futur meunier y est né.
Un peu plus loin en arrière, de l’autre coté de la route, au sommet d’un petit plateau actuellement envahi de pins, se trouve le moulin à vent cadastré C 66, (feuille n°1 de la section C), construction qui n’est pas figurée sur le plan puisque bâtie en 1846. Ce moulin appartenait également à  la famille.
Actuellement, ces trois immeubles sont portés sur la carte I. G. N., feuille de Cavaillon, au 1/25000e, référencée 3142 OT. En partant de Ménerbes, on suit la D. 218 jusqu’à un petit col, le moulin est à droite, avec la mention « anc. moulin », et les maisons à  gauche, en direction des Hauts Heyrauds.

De par son mariage, Louis Malachier est également lié à  la commune de Goult :
Il a en effet épousé une jeune fille orpheline de Goult, Marguerite Bernard, d’une famille de cardeurs à laine. Initialement domiciliée au lieu-dit « Val de la Combe», celle-ci habite ensuite dans le village, Rue de la Fontaine.
Cette maison n’a pour le moment pas encore été localisée précisément.
(Des recherches sont en cours sur Goult, Gordes et sur Ménerbes :
faute de temps, et après quatorze mois de recherches, priorité a été donnée à une synthèse globale réalisée en vue des Journées du Patrimoine, plutôt qu’à  l’approfondissement de tel ou tel aspect, passionnant pour le chercheur certes, mais secondaire dans le cadre de l’exposition.)

Louis Malachier a acquis en 1854 un moulin à vent à Gordes, au lieu-dit « La Rouguière ». Il l’a ensuite échangécontre celui de Lacoste.

C’est bien à Lacoste que la personnalité du meunier va s’épanouir et donner sa pleine mesure.
Sa propriété était des plus réduites :
Le moulin, cadastré B 466 pour 2 ares 60 centiares, la parcelle attenante B 468 partie, pour 1 are, et, en face, le cabanon et le terrain enclos attenant, cadastré  B 473 partie, pour 20 ares. Mais son génie créateur peuplera sa propriété, et tous les abords, de « santibelli », comme l’on nommait à l’époque les sculptures du meunier. L’enclos et son cabanon ont d’ailleurs gardé le nom d’enclos Santibelli.
Le peintre de Carpentras, Jules Laurens (1825-1901), qui a rencontré Louis Malachier à Lacoste en 1877 et 1878, dresse à cette époque un catalogue sommaire de 230 à 250 œuvres réalisées par le meunier et en dessine certaines. Le meunier, qui sculptera encore pendant environ vingt ans, a pu produire au total environ 1000 œuvres. Il n’en reste actuellement que quelques dizaines, au mieux ; et toutes ne sont pas actuellement localisées.
Louis Malachier avait également sculpté deux vases pour l’une des tombes du « cimetière aérien », tout proche du moulin : à l’époque, il n’y avait que les tombes et les cyprès, le petit mur de clôture a été rajouté lors de l’acquisition du terrain par Paul Fauque en 1901, pour délimiter le cimetière.
On a également relevé un graffiti ancien relatif à un sanglier « tuer par Malachier », situé sur l’une des parois d’une ancienne carrière exploitée du temps de Louis Malachier (actuellement dite « carrière des Américains », située à une centaine de mètres du moulin. Les carrières étant creusées du sol vers le tréfonds, ce graffiti est actuellement en hauteur; les éléments relatifs au fait divers lui-même n’ont pas encore été retrouvés.

Mentionnons enfin la seule sculpture de Louis Malachier figurant dans une collection publique française: le Musée Duplessis de Carpentras a acquis en 1939 une œuvre du meunier-sculpteur, une sorte de cippe représentant « les trois Empereurs ». Cette œuvre, portée à l’inventaire du musée sous le n° 1294, se trouve actuellement dans les réserves du musée.
La Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras possède également les dessins de Jules Laurens, réalisés à Lacoste en 1877-1878. Elle a exceptionnellement autorisé la présentation d’une dizaine de photos de ces dessins, lors de l’exposition, dans le cadre des « Journées du Patrimoine ».

à Yves  Le Mahieu

Revenir sur l’exposition du Foyer Rural de Lacoste

Les commentaires sont fermés.